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Analyse traductologique des œuvres d'Erfân Nazar Âhari basée sur les tendances déformantes d’Antoine Berman | ||
| Revue des Études de la Langue Française | ||
| مقاله 8، دوره 16، شماره 2 - شماره پیاپی 31، اسفند 2024، صفحه 101-118 اصل مقاله (642.61 K) | ||
| نوع مقاله: Original Article | ||
| شناسه دیجیتال (DOI): 10.22108/relf.2025.144317.1258 | ||
| نویسندگان | ||
| Simin Kordeyazdi* 1؛ Matin Vesal2 | ||
| 1Doctorante, Département de langue et littérature françaises, Université Shahid Chamran d’Ahvaz, Ahvaz, Iran | ||
| 2Maître assistante, Département de langue et littérature françaises, Université Shahid Chamran d’Ahvaz, Ahvaz, Iran | ||
| چکیده | ||
| Erfân Nazar Âhari, écrivaine et poétesse iranienne contemporaine, est reconnue pour ses écrits, notamment ses nouvelles, imprégnées de thèmes mystico-religieux. Elle a également publié de nombreux ouvrages dans le domaine de la littérature de jeunesse. Le regretté Monsieur Afzal Vossoughi a traduit en français trois de ses nouvelles, publiées par les éditions Sâbérine: Une Baleine bat dans ton cœur, «LEILI» est le nom de toutes les filles du monde, Un prophète passa par chez nous. L'objectif principal de cette recherche consiste à examiner la version traduite des textes de Nazar Âhari et à révéler comment les choix de traducteur préserve l’authenticité et la profondeur du texte source. Pour ce faire, nous nous référons aux tendances déformantes qui se concentre sur le respect de l’«altérité» du texte original, c'est-à-dire sur l'importance de préserver la spécificité culturelle, linguistique et stylistique de l'œuvre source. Cette analyse s’efforce de déceler dans quelle mesure la traduction de ces textes mystico-religieux applique les tendances déformantes identifiées par Berman, telles que la rationalisation, l’allongement, la clarification, l’ennoblissement et vulgarisation ou l'homogénéisation qui sont plus récurrents dans ces traductions, et si elle parvient à transmettre fidèlement l'essence culturelle et stylistique de récits. | ||
| کلیدواژهها | ||
| Altérité culturelle؛ Antoine Berman؛ Nazar Âhari؛ tendances déformantes؛ traduction mystico-religieuse | ||
| اصل مقاله | ||
|
Introduction De nos jours, avec l’expansion rapide de la science et de la technologie, ainsi que relations culturelles et économiques, l’importance de la traduction devient de plus en plus évidente dans tous les domaines. Ainsi, les traducteurs qui sont à la pointe de ce monde axé sur la communication, doivent se familiariser avec les théories de la traduction afin de fournir une traduction à faible taux d'erreur et plus juste. En fait, il y a une règle de base : être le lecteur de chaque ouvrage dans sa langue d’origine et non pas lecteur de sa version traduite. En conséquence, pour traduire une œuvre, il faut la lire, la ressentir et le résultat est une image qui s'impose sous la forme d'une explication, dont le simple but sera de créer une opinion en dehors des critiques. Le présent article porte sur l’analyse de la traduction de trois récits d’Erfân Nazar Âhari par Afzal Vosoughi selon les tendances déformantes d’Antoine Berman, en comparant les récits de Nazar Âhari et sa traduction faite par Afzal Vosoughi, une baleine bat dans ton cœur, «Leili» est le nom de toutes les filles du monde, un prophète passa par chez nous [1]. L'objectif de cet article est d'examiner le rôle crucial de la traduction dans la communication interculturelle, en mettant l'accent sur les défis et les compromis inhérents à ce processus. Il souligne que toute traduction implique des choix entre fidélité au texte source et adaptation aux spécificités culturelles et linguistiques du public cible. En utilisant les théories de la traduction, notamment celles de Berman, on analyse comment un bon traducteur peut minimiser les pertes inévitables lors du transfert d'un texte d'une langue à une autre. Plus précisément, il évalue comment certaines traductions réussissent à préserver l'authenticité culturelle et narrative des textes originaux tout en évitant une approche trop littérale. L'article vise ainsi à démontrer que la traduction n'est pas simplement une copie mais plutôt un acte créatif qui nécessite une réflexion approfondie sur le sens profond du texte original. Antoine Berman est né en 1942 et est mort précocement en 1991. De son vivant il n’a publié qu’un ouvrage achevé, L’épreuve de l’étranger (1984), et des articles qui seront publiés après sa mort dans le recueil La traduction et la lettre ou l’auberge du lointain (Rougé, 2015, p. 11) Nous allons étudier les tendances déformantes de Berman qui régissent le travail du traducteur dans le processus de la traduction. Les treize tendances inhérentes à la traduction que Berman décrit et critique dans La Traduction et la lettre ou l’Auberge du lointain sont, souvent utilisées par les traducteurs pour rendre le texte traduit plus accessible au public cible dans une perspective ethnocentrique. Les «tendances déformantes» décrites par Antoine Berman, bien que généralement perçues comme des obstacles à la fidélité du texte source, peuvent paradoxalement contribuer à une bonne traduction lorsqu’elles sont appliquées de manière consciente et maîtrisée. Berman identifie treize tendances, comme la rationalisation, la clarification, l’allongement, l’ennoblissement et la vulgarisation, l’appauvrissement qualitatif, l’appauvrissement quantitatif, l’homogénéisation, la destruction des rythmes, la destruction des réseaux signifiants sous-jacents, la destruction des systématismes textuels, la destruction (ou l’exotisation) des réseaux langagiers vernaculaires, la destruction des locutions et idiotismes, l’effacement des superpositions de langue, qui déforment naturellement le texte lors du processus de traduction. Si le traducteur sait les identifier et les gérer, il peut en effet transformer ces tendances en outils permettant de transmettre plus efficacement le sens, l’intention, et l’impact du texte cible dans une nouvelle langue. Pour développer l'analyse des "tendances déformantes" dans la traduction des récits susmentionnés, nous avons étudié le texte persan et, en même temps, sa traduction, phrase par phrase. De cette manière, nous avons tout d'abord pu identifier les tendances les plus utilisées par le traducteur pour traduire le texte persan. Ensuite, nous avons sélectionné quelques exemples illustrant les tendances déformantes employées au cours de la traduction, que nous avons déjà analysées et définies. Les œuvres d’Erfân Nazar Âhari, notamment Une baleine bat dans ton cœur, «Leili» est le nom de toutes les filles du monde, et Un prophète passa par chez nous, plongent profondément dans une atmosphère mystico-religieux. Ces récits évoquent un univers spirituel imprégné de la gnose, une quête personnelle et intérieure pour la vérité, l’amour divin et la connaissance de soi, où le divin et le quotidien se rencontrent. L'atmosphère de ces récits est marquée par une douceur contemplative et une profondeur poétique, invitant les lecteurs à explorer leurs propres aspirations mystiques et à voir le monde à travers le prisme de la foi et de la quête de sens. Les œuvres de Nazar Âhari puisent dans la tradition mystique de la littérature persane, mais en les rendant accessibles et universelles, elles interpellent aussi bien les lecteurs modernes iraniens que ceux du monde entier, en quête de spiritualité et d’un lien intime avec le divin. La présentation du corpus Dans Une baleine bat dans ton cœur, le thème principal est celui de la recherche intérieure et de l’exploration spirituelle. L’image de la baleine, animal imposant et mystérieux, symbolise ici le cœur humain dans lequel vibre un désir profond de connexion spirituelle. Erfân Nazar Âhari utilise cette métaphore pour montrer que chaque personne porte en elle une grande force spirituelle, souvent endormie, qui aspire à s’éveiller. «Leili» est le nom de toutes les filles du monde aborde l’idée de l’amour mystique. En se servant du personnage de Leili, un symbole littéraire de l’amour platonique dans la culture persane, l’auteur développe une réflexion sur la pureté de l’amour divin. Chaque "Leili" devient alors une expression de l’âme universelle cherchant à se rapprocher de l'Unique. Erfân Nazar Âhari dépeint ici un amour qui transcende les attachements terrestres pour se tourner vers l'absolu. Dans Un prophète passa par chez nous, l’auteur explore la rencontre entre l’humain et le sacré à travers la figure du prophète, un messager qui n’appartient ni au passé ni au présent, mais qui se situe dans un espace intemporel. Le prophète devient un pont entre le divin et l'humain, offrant au lecteur une vision du monde où chaque geste et chaque rencontre portent un potentiel spirituel.
La rationalisation La rationalisation détruit la visée de concrétude. Elle est en rapport avec abstraction, généralisation, les structures syntaxiques de l’original par des substantifs, d’inverser le rapport du formel et informel, de l’ordonné et du désordonné. Un élément délicat du texte en prose est la ponctuation: L’ordre du discours linéaire ne doit pas être désordonné en diamétrale. La «rationalisation déforme l’original en inversant sa tendance de base (la concrétude) et en linéarisation ses arborescences syntactiques» (Berman, 1999, p. 54). Cette tendance fait référence à la simplification de la syntaxe et de la structure de l'original pour les rendre plus claires dans la langue cible. Bien utilisée, elle peut améliorer la fluidité et l’accessibilité du texte pour le lecteur cible, sans nécessairement sacrifier la complexité ou l'ambiguïté voulues par l'auteur.
La traduction française semble rationaliser le texte en utilisant une structure plus logique et cohérente. Le terme "برو" est traduit par "Va sur la terre", ce qui ajoute une précision spatiale qui n'est pas explicitement présente dans la phrase de l’auteure. De plus, l'expression "à titre de récompense" clarifie la relation entre le choix et la récompense, ce qui pourrait être considéré comme une rationalisation de l'idée originale. Va et choisi les meilleurs, car le Paradis est la récompense de ton choix.[2]
Pour le lecteur iranien, les notions de «pomme», de «tentation» et de «châtiment» réfèrent rapidement à un contexte religieux (l’histoire d’Adam et Ève dans le Coran), mais le lecteur francophone ne possède pas ce bagage. D’où les nombreux exemples où le sens ne peut être sauvé, car aucun procédé de traduction, ni même des notes explicatives n’ont été utilisés. Sa possession n’était qu’une pomme. Une pomme qu’il avait cueillie par une tentation. Et la rétribution de cette tentation était la chute.
Selon Berman, la rationalisation implique une réorganisation du texte pour le rendre plus compréhensible selon les normes de la langue cible. Dans cette traduction, le propos est simplifié et reformulé pour s'adapter à une structure plus directe en français. Par exemple, "Ce pont, je n’en ai pas besoin" est une formulation plus concise que l'original. La version française perd certaines nuances poétiques et métaphoriques présentes dans le texte persan. La notion de "passer le pont" peut avoir des connotations symboliques qui ne sont pas entièrement capturées par "n’a pas besoin de pont". Cette simplification peut être considérée comme une forme de rationalisation qui efface des couches de signification. La phrase "Celui qui peut voler n’a pas besoin de pont" est claire et directe, mais elle peut aussi sembler réduire la profondeur philosophique du propos original. L'idée que "voler" implique une transcendance pourrait être mieux exprimée avec des métaphores plus riches. Majnoun dit: «J'ai déjà franchi ce pont. Celui qui s'envole n'a plus besoin de ponts.
La traduction conserve la métaphore des "hauts murs" et des "portes closes", mais elle pourrait être considérée comme plus explicite et moins poétique que la phrase persane. Par exemple, "دور تا دور زندگی را گرفته اند" est traduit par "entouré de hauts murs", ce qui est clair mais pourrait perdre un peu de la richesse métaphorique du texte cible. Par ailleurs, la phrase "y jeter des coups d’œil furtifs" ajoute une nuance qui n'est pas explicitement présente dans l'original. Cela pourrait être vu comme une forme d'explicitation ou de rationalisation, car elle rend plus clair ce que l'on ne peut pas faire derrière les murs. Le monde est ceint de hauts murs. Des portes closes l'encerclent, enserrant toute la vie. Impossible de gravir ces murs pour entrevoir ce qui se cache derrière.
Cette traduction rationalise le texte original en transformant "رنج است" ("c'est une souffrance"), notion existentielle, en "demande un travail pénible" (processus intellectuel), en réduisant "کتیبه مهجور" (stèle mélancolique) à "décodage laborieux" (abstraction technique), et en diluant "ثانیه هایش" (ses secondes), qui évoque l'urgence poétique, en "minutes de sa vie" (mesure temporelle banale). Ces choix substituent à la densité émotionnelle de l'original une logique explicative qui en affadit la puissance. Déchiffrer les énigmes est une souffrance, et personne ne voudra souffrir pour décrypter cette stèle abandonnée. Personne ne gaspillera ses secondes à déchiffrer ces caractères obscurs.
La traduction française semble rationaliser le texte en utilisant une structure plus logique et cohérente. Le terme "هی در میزنم" est traduit par " je tambourine sans cesse", ce qui ajoute une précision sur l'action répétitive. Cela pourrait être considéré comme une rationalisation, car elle explique clairement l'intensité de l'action. De plus, la phrase "J’y lance mon cœur" a été ajouté à la traduction tandis que l'action de lancer son cœur dans la cour de Dieu n’est pas mentionné dans le texte persan. Cela est une sorte de l’allongement qui est le résultat de la rationalisation. De l'autre côté, c'est la cour de la maison de Dieu. Je frappe sans cesse à la porte, je frappe et je dis: «Mon cœur est tombé dans votre cour. Pouvez-vous me le rendre?» Bien que cette approche rende le texte accessible, elle soulève des questions sur l'intégrité du message original. La rationalisation, en cherchant à clarifier et à simplifier, peut parfois aboutir à une version du texte qui manque de la richesse et des subtilités présentes dans l'œuvre source. En somme, cette analyse montre que la tendance à la rationalisation dans cette traduction a permis de créer un texte fluide et compréhensible pour le lecteur francophone, mais elle a également conduit à une simplification qui pourrait nuire à la profondeur et à la poésie du message original.
La clarification Toute traduction doit clarifier tout ce qui concerne le message de la langue originale, comme dit Heidegger: «Par la traduction, le travail de la pensée se trouve transposé dans l’esprit d’une autre langue, et subit ainsi une transformation inévitable. Mais cette transformation peut devenir féconde car elle fait apparaître en une lumière nouvelle la position fondamentale de la question» (Heidegger, 1962, p. 45). C’est-à-dire, si la transformation vise à rendre «clair» ce qui n’est pas clair ou ce que le texte dans l’original a calculé en sous-entendu, ou la polysémie d’un passage en monosémie, la clarification devient «un corollaire de la rationalisation» (Eshghi, 2013, p. 5).
Selon Berman, la clarification consiste à rendre explicite ce qui est implicite dans le texte original. Dans cette traduction, certains éléments sont explicités, comme le terme "Lawh-al-Mahfuz", qui est expliqué par "Tabula Secreta" et "la Table Gardée". Cela permet au lecteur francophone de mieux comprendre le concept, mais cela peut également mener à une perte d'ambiguïté présente dans le texte cible. La traduction cherche à être claire pour le lecteur cible, mais en faisant cela, elle peut parfois simplifier ou réduire la profondeur du texte original. Par exemple, l'expression "les lettres mystérieuses" est une généralisation qui peut effacer les nuances poétiques présentes dans l'original. Cependant, cette clarification ne semble pas dénaturer l'essence du texte, car elle ajoute une nuance qui est plausible dans le contexte. La phrase "la valeur de tout comme égale la peine qu’il se donne" utilise une structure qui pourrait sembler plus directe que l'original. Cela peut donner une impression de rationalité qui n'est pas nécessairement présente dans le texte source, où l'indéfini et le mystère sont plus marqués. Peut-être qu'un jour tu comprendras le sens de ces lettres, ces lettres mystérieuses qui ont été gravées en secret sur ton cœur. La valeur de chaque vie est proportionnelle à la souffrance qu'elle endure dans la quête et la découverte de cette épigraphe.
La traduction française ajoute une précision en utilisant l'expression "malgré le délai que tu as jusqu’au jour du dernier jugement", qui n'est pas explicitement présente dans le texte persan. Le terme "واپسین روز حیات" signifie littéralement "le dernier jour de la vie", mais la traduction française l'interprète comme "jusqu’au jour du jugement dernier", ce qui ajoute une connotation religieuse ou eschatologique plus explicite. Bien que la traduction clarifie le contexte temporel et ajoute une dimension religieuse, elle conserve l'essence du message original, qui est l'impossibilité de détourner quelqu'un du droit chemin. Cependant, cette clarification pourrait être perçue comme une interprétation qui ajoute une couche de sens qui n'était pas nécessairement présente dans l'original. Tu ne pourras jamais la détourner même jusqu’au dernier jour de la vie.
La traduction française ajoute une précision en utilisant l'expression "jusqu'à mon retour", qui n'est pas présente dans le texte persan. Cela peut être considéré comme une clarification, car elle précise le contexte temporel de l'action, ce qui n'était pas nécessairement clair dans l'original. La traduction conserve la métaphore des ailes, qui est un élément central du texte original. Cependant, elle ne précise pas explicitement si les ailes sont métaphoriques ou littérales, ce qui pourrait être considéré comme une omission de clarification. Dans le contexte persan, les ailes pourraient être interprétées de manière métaphorique, mais la traduction ne le précise pas explicitement. Je dépose mes ailes ici; ces ailes ne me serviront pas beaucoup sur la terre.
Il dit: je vends ma solitude contre l’amour. Y a-t-il quelqu’un qui m’en achète une tranche? La répétition poétique "نامی نداشت. نامش تنها انسان" devient une phrase logique "Il n’avait qu’un nom, un seul nom...", perdant son rythme incantatoire. (Nazar Âhari, 2009c, p. 45)
Le choix de "fortune" pour traduire "دارایی" (littéralement "possession/bien") introduit une connotation économique qui intellectualise ce qui était, dans l'original, une pure évocation existentielle. L'image surréaliste “ قدری تنهایی" ("un peu de solitude") devient "une tranche", impose une matérialité là où le persan gardait une abstraction volontairement vague. Il se nommait seulement Humain, et n’avait pour tout bien que la Solitude. Il dit: Je vends ma solitude au prix de l’amour. Qui donc achètera un peu de ma solitude?
La traduction française ajoute une précision en utilisant l'expression "dans ce parcours", qui n'est pas explicitement présente dans le texte persan. Cela peut être considéré comme une clarification, car elle précise le contexte dans lequel ces éléments accompagnent le sujet. Par ailleurs, le traducteur a utilisé "les meilleurs" pour traduire "بهترین", ce qui est une interprétation possible mais qui pourrait être considérée comme une clarification excessive. Le terme "بهترین" signifie "le meilleur", et la traduction en "les meilleurs" ajoute une pluralité qui n'est pas explicitement présente dans l'original. La sagesse et le cœur et des milliers de prophètes t’accompagneront, afin que tu choisisses le meilleur. Le traducteur a donc recouru à des définitions supplémentaires afin de faciliter la compréhension de l’histoire. Sinon le lecteur aurait bien de problèmes pour la suivre. Il est bon de noter que l’allongement est généralement la résultante de la clarification. On ne sera donc pas surpris de voir deux ou trois tendances conjointes se manifester dans les cas proposés également dans d’autres tendances. L’autre tendance déformante relevée par Berman est celle de l’allongement. Il s’agit d’une conséquence de la première tendance.
L'allongement Il est lié aux deux tendances que nous venons de décrire c’est-à-dire la rationalisation et la clarification. Ainsi selon Berman: «Toute traduction est tendanciellement plus longue que l’original» (Berman, 1999, p. 56).
La traduction commence par "Finalement, un jour", ce qui ajoute une certaine anticipation et prolonge la phrase. L'original commence directement par "اما یک روز" (mais un jour), qui est plus concis. De plus, la phrase "il décida d’ôter ses vêtements inappropriés" est plus explicite que l'original " لباسهای نامناسبش را از تن در آورد". L'ajout de "décida" ajoute une nuance de délibération qui n'est pas explicitement présente dans l'original. Ainsi, l’ajout de "voilà qui s’envola": Cette phrase n'est pas directement présente dans l'original. Elle ajoute une transition et prolonge la phrase, ce qui est typique de l'allongement. Un jour, il ôta ses vêtements inappropriés, rejeta ses petites fautes, et nous vîmes qu’il avait deux petites ailes qu’il nous avait cachées pendant des années. Il prit son envol comme un oiseau qui rentre dans son nid.
Cette traduction étire et alourdit le texte original par plusieurs ajouts explicatifs : "pour qu'elle soit travaillée dans ses mains" (redondant avec "Confiez-lui votre pâte"), "ensuite il la pressera" (inutile après "assaisonnera"), et "si vous désirez être bien traités, bien développés" (développement prosaïque de "پرورده شوید", "soyez pétris"). Ces expansions gomment la concision du Coran, où chaque image (pâte, sel, pression) se suffit à elle-même. Dieu est le boulanger des hommes. Donnez-lui votre pâte: entre ses mains, il vous pétrira, salera votre âme de douleur et de larmes, vous pressera dans ses paumes. Endurez, endurez: soyez pétris.
La tendance d'allongement se manifeste ici par l'ajout d'expressions et de détails qui ne figurent pas dans le texte cible. Par exemple, "pour tout souvenir du Paradis et de sa douceur" élargit le sens initial en ajoutant une description qui n'est pas présente dans la version persane. Cela contribue à une certaine surcharge textuelle. La phrase "Je n'ose pleurer de peur que mes larmes ne se tarissent" explicite une notion qui pourrait rester implicite dans le texte persan. Cette explicitation peut enrichir la compréhension du lecteur francophone, mais elle peut également alourdir le texte. Bien que l'allongement puisse enrichir le texte, il peut également nuire à son rythme. L'ajout de phrases comme "alors, je crains que mes yeux n'aient plus que des cailloux à pleurer" peut créer un déséquilibre rythmique par rapport à la concision poétique du texte source. Mon seul souvenir du paradis et de sa douceur est quelques larmes cachées au creux de mon cœur. Je retiens mes pleurs craignant qu'épuisées mes yeux ne versent que des cailloux.
Leili dit: «Le dénouement de mon histoire est trop triste. Ma mort, celle de Madjnoun. Me changeras-tu cette triste fin?» (Nazar Âhari, 2009b, p. 26)
La phrase "Me changeras-tu cette triste fin "est un peu plus longue que l'original Leili dit: la fin de mon histoire est trop triste, ma mort, mort de Madjnoun. Changeras-tu la fin de mon histoire?
Ajout de "en vérité" dans la première phrase est un exemple clair d'allongement. Cette expression n'existe pas dans le texte original et ajoute une emphase qui n'était pas présente initialement. En plus, la traduction de "در اشتیاق" (dans le désir) par "qui souffrent du désir" représente un allongement significatif. Le traducteur a choisi d'expliciter l'idée de souffrance, qui n'est qu'implicite dans l'original. Ainsi, l'ajout de "retourner à" avant "l'océan" est un autre exemple d'allongement. Le texte original ne mentionne pas explicitement l'idée de retour. Les cœurs sont des baleines assoiffées d'océan. Mais qui croirait qu'une baleine bat dans sa poitrine? Bien qu’il puisse entraîner des phrases plus longues, l’allongement est souvent indispensable pour exprimer des concepts qui n’existent pas dans la langue cible avec le même niveau de nuance ou de détail. Un bon usage de l'allongement permet au traducteur de conserver les subtilités et l’émotion de l'original, même si cela exige des mots supplémentaires. Cette analyse montre que la tendance d'allongement dans cette traduction a permis d'enrichir le texte pour le lecteur francophone, mais elle a également conduit à une surcharge qui pourrait nuire à la profondeur et au rythme du message original.
L'ennoblissement et vulgarisation C’est le sommet de la traduction persane, «L’esthétique vient ici compléter la logique de la rationalisation: rendre le discours tout beau» (Eshghi, 2013, p. 5). Autre aspect de l’ennoblissement, c’est le changement des passages jugés «populaires» en vulgaires ou l’oralité rurale en parler urbain.
L’espace réduit de la carafe tourmente" est une formulation plus élégante et poétique. L'utilisation de "tourmente" ajoute une intensité dramatique qui est typique de l'ennoblissement. De plus, le mot "carafe" est une précision qui n'est pas présente dans le texte original, ce qui ajoute une dimension descriptive supplémentaire. Ainsi, L'expression "que l’odeur de la mer rend nostalgique" est également plus élégante et émotionnelle que "بوی دریا هوایی اش کرده است", ce qui est aussi une caractéristique de l'ennoblissement. Un petit poisson que l'exiguïté de son espace le fait souffrir et dont l'odeur de la mer a éveillé la nostalgie.
L'utilisation de "il n’obéit pas" au lieu de "s'agenouilla pas" ou "ne fit pas la prosternation" est une formulation plus générale qui perd un peu de la spécificité religieuse du geste de la prosternation (sajdah). Cela pourrait être considéré comme une vulgarisation. La traduction transmet bien l'idée générale du texte original mais pourrait être plus précise pour transmettre la profondeur émotionnelle et religieuse de l'orgueil de Satan et son refus de se prosterner. Satan était orgueilleux, il ne se prosterna pas. Cet exemple souligne un défi fondamental en traduction: «les aspects de la vie que recouvre le mot culture ne se correspondent pas forcément d’une culture à l’autre et pour les transmettre, le traducteur se heurte souvent à l’inexistence des traits culturels analogues dans la langue d’arrivée et même lorsqu’ils existent, ils ne renvoient pas toujours aux mêmes référents» (Letafati et Sadr Tahouri, 2016, p. 31). Le traducteur se heurte ici à l’absence d’un équivalent culturel direct en français pour sajdah – un terme chargé de connotations spirituelles spécifiques. Même lorsque des traits analogues existent (comme "prosternation"), leurs référents peuvent différer : en français, ce geste évoque moins une obligation religieuse qu’un acte de supplication ou d’humilité profane. Ainsi, la traduction exige un arbitrage entre précision technique sacrifiant la fluidité et adaptation culturelle risquant l’appauvrissement sémantique.
L’expression "شمعی باید دور" signifie "une bougie doit être éloignée". La traduction "une bougie éloignée" est une formulation élégante et poétique qui conserve l'idée d'éloignement. De plus, l'utilisation de "il nous faut" au lieu de simplement "nous avons besoin de" ajoute une nuance de nécessité qui est typique de l'ennoblissement. Cela rend la phrase plus formelle et solennelle. Cependant, "Une bougie qui ne brûle pas" et "une bougie qui subsiste" sont des formulations claires et poétiques qui transmettent bien l'idée du texte original. La traduction transmet bien l'émotion et la sensibilité du texte original. L'utilisation de "subsiste" au lieu de simplement "reste" ajoute une intensité émotionnelle qui correspond bien à l'atmosphère du texte persan. Dieu dit: «nous avons besoin d’une bougie éloignée, une bougie qui ne brûle pas, une bougie qui reste.
La phrase "موهایم مشکی ست، مثل شب" est une comparaison poétique qui est bien rendue par "mes cheveux sont noirs comme la nuit". Ainsi, les adjectifs "حلقه حلقه و مواج" est traduit par "bouclés et ondulantes", ce qui conserve la description poétique des cheveux. L'utilisation de ces adjectifs ajoute une précision et une élégance supplémentaires. Par ailleurs, la phrase "دلت توی حلقه های موی من است" est traduite par "Ton cœur est emprisonné dans mes boucles", ce qui est une formulation poétique et élégante. Le mot "emprisonné" ajoute une intensité dramatique qui correspond bien à l'atmosphère du texte persan. Leili dit: mes cheveux sont noirs comme la nuit, bouclés et ondulantes. Ton cœur est capturé par les boucles de mes cheveux.
La phrase "partout l’histoire du Madjnoun circulait dans toutes les bouches" est une formulation plus explicite et poétique que Majnoun était le mot, invisible et perdu, l’histoire de l’amour, mais, était tous à Majnoun.
Dans cette phrase, on voit le sens du verset 38 de la sourate al-Muddaththir du Coran qui dit aux hommes « کُلُّ نَفْسٍ بِمَا کَسَبَتْ رَهِینَةٌ » mais la traduction l’a simplifiée et vulgarisée : « les hommes sont responsables de leurs actes ». La traduction plus exacte de ce verset traduit par Youssouf Leclerc est ceci : « Toute âme est l’otage de ce qu’elle acquit. » Si cette tendance, mal employée, peut transformer un texte simple en une version trop sophistiquée, elle peut aussi, lorsque maîtrisée, ajouter une certaine élégance ou profondeur nécessaire à la langue cible. Le traducteur peut alors choisir des termes ou des expressions qui respectent la tonalité du texte original, tout en maintenant l’aspect esthétique recherché. L’homogénéisation Selon Antoine Berman, « Elle consiste à unifier sur tous les plans le tissu de l’original (…) C’est assurément la résultante de toutes les tendances précédentes ». Le traducteur a la tendance à arranger sur tous les plans le tissu de l’original hétérogène. Cette unification qui dépend de l’être du traducteur, rend la traduction défectueuse et elle couvre la majorité du système de déformation (Berman, 1999, p. 60).
La phrase persane "تو بی بهشت میمیری" (tu mourras sans paradis) est traduite par "Sur la terre tu périras", ce qui perd un peu de la richesse métaphorique du paradis comme lieu de rédemption ou de salut. L'original a une connotation plus spirituelle ou poétique. La phrase "زمین جای تو نیست" (la terre n'est pas ton lieu) est traduite par "La terre n’est pas faite pour toi", ce qui est plus explicite et direct. Cela pourrait être vu comme une simplification de la métaphore originale, qui est plus concise et suggestive. La notion de "paradis" dans l'original a des connotations culturelles et religieuses spécifiques qui pourraient être atténuées dans la traduction. L'utilisation de "périras" au lieu de "mourras sans paradis" réduit cette dimension culturelle. Tu mourras sans Paradis. La terre n’est pas ta place.
La phrase persane "انسان دستهایش را گشود" (l'homme ouvrit ses mains) est traduite par "Dieu ouvrit sa main", ce qui change la perspective et la responsabilité de l'action. L'original met l'accent sur l'action de l'homme, tandis que la traduction met l'accent sur l'action de Dieu. La traduction utilise le terme "le libre arbitre", qui est une notion philosophique et théologique bien définie en français. Cela ajoute une précision conceptuelle qui n'est pas explicitement présente dans l'original, où "اختیار" signifie simplement "choix" ou "volonté". Cela pourrait être vu comme une homogénéisation des concepts culturels et philosophiques. L'homme ouvrit ses mains et Dieu lui donna le choix.
La phrase persane utilise la métaphore de la clé et des serrures pour décrire un événement symbolique. La traduction française conserve cette métaphore, mais l'expression "sans l’aide de clé" pourrait être considérée comme une simplification de l'original "بی رخصت کلید", qui implique une ouverture sans autorisation ou sans l'utilisation normale de la clé. Formulation plus explicite: La traduction ajoute "dès que nous prononçâmes, le nom de prophète", ce qui est une reformulation plus explicite de l'original "اما نام او را که بردیم". Cela rend le lien entre l'action et le résultat plus clair, mais pourrait être vu comme une homogénéisation des éléments narratifs. Perte de nuances culturelles: La notion de "پیامبر" (prophète) a des connotations culturelles et religieuses spécifiques dans le contexte persan. La traduction conserve cette référence, mais l'utilisation de "prophète" en français pourrait être moins chargée de sens que dans l'original. Le prophète nous porta une clé mais dès que nous prononçâmes son nom, les serrures s’ouvrirent sans autorisation de clé.
La phrase persane "قطار میگذشت و سبک میشد" (le train passait et devenait léger) est traduite de manière à conserver la métaphore, mais la formulation française ajoute des détails explicatifs ("au fur et à mesure qu’on s’approchait de la destination") qui ne sont pas présents dans l'original. Cela rend le texte plus clair mais pourrait être vu comme une homogénéisation des éléments narratifs. De plus, la traduction française est plus détaillée et explicite que l'original, ce qui est typique de l'homogénéisation. L'ajout de "de plus en plus" pour décrire le degré de légèreté ajoute une nuance qui n'est pas explicitement présente dans l'original. D’ailleurs, la notion de "سبک میشد" (devenir léger) a des connotations poétiques et métaphoriques dans le contexte persan. La traduction française conserve cette idée, mais l'utilisation de "de plus en plus léger" pourrait être moins chargée de sens que dans l'original. Le train passait et se faisait léger.
La phrase "en état d’éveil" et les répétitions "si éveillé, si vigilant" ajoutent des précisions qui ne sont pas présentes dans l'original. L'original est plus direct avec "بیدار بود" (il était éveillé). Cette explicitation peut être vue comme une forme d'homogénéisation, car elle modifie le style et la structure du texte. La structure de la phrase française est plus complexe que celle de l'original. L'ajout de "si éveillé, si vigilant" et la reformulation de Le traducteur a tenté de faire comprendre et interpréter le concept du texte en référence à la Résurrection du prophète Muhammad. L'éveil peut être interprété comme une métaphore pour un état spirituel ou une révélation, ce qui est crucial dans le contexte islamique. Cependant, la traduction, bien qu'elle conserve l'idée d'éveil, pourrait perdre certaines des implications culturelles et religieuses présentes dans le texte source. A ce propos, Berman mène une critique des valeurs idéologiques et littéraires qui détournent la traduction de sa pure visée, il définit ce qu’est pour lui une mauvaise traduction (qu’il identifie à la traduction ethnocentrique): «J’appelle mauvaise traduction la traduction qui, généralement sous couvert de transmissibilité, opère une négation systématique de l’étrangeté de l’œuvre étrangère» (Berman, 1984, p. 17). Mais quand il sortit de la grotte il était éveillé, si éveillé que notre état de somnolence s’est révélé. Cette tendance fait référence à l’adaptation du style pour créer une cohérence dans la langue cible, même si cela peut parfois nuire à la diversité stylistique du texte original. Utilisée de manière judicieuse, l’homogénéisation peut renforcer la lisibilité et donner un style plus unifié au texte traduit, le rendant ainsi plus accessible pour un public cible.
اگر لیلی بمیرد، دیگر چه کسی لیلی به دنیا بیاورد؟ چه کسی گیسوان دختران عاشق را ببافد؟ چه کسی طعام نور را در سفرههای خوشبختی بچیند؟ چه کسی غبار اندوه را از طاقچههای زندگی بروبد؟ (Nazar Âhari, 2009b, p. 57).
Si Leili meurt, qui donc mettra des Leili au monde? Qui donc nattera la chevelure des filles amoureuses? Qui donc servira la nourriture de lumière dans les nappes du bonheur? Qui dépoussiérera les niches de la vie? (Nazar Âhari, 2009b, p. 57) L'usage répétitif de "Qui donc..." qui aplatit les nuances des interrogations persanes (alternance poétique entre "چه کسی" et "دیگر چه کسی"). Il existe une sorte de la normalisation des images: " طاقچههای زندگی" ("les étagères de la vie") devient "niches", perdant la matérialité domestique de l'original. Dans l’ensemble, cette traduction évite bien les principales déformations, préservant l'étrangeté poétique du texte tout en le rendant accessible. Si Leili meurt, qui fera naître des Leili? Qui tissera les chevelures des filles amoureuses? Qui disposera le festin de lumière sur les nappes du bonheur? Qui balaiera la poussière du chagrin des étagères de la vie? Les tendances déformantes ne sont pas uniquement des pièges à éviter mais des outils puissants pour le traducteur, qui, avec de la langue cible. Berman lui-même souligne que la traduction est une «épreuve de l’étranger»: elle cherche à introduire les différences et les nuances de l’original dans une autre langue, sans les n’effacer ni les simplifier. Lorsqu’elles sont maîtrisées, ces tendances peuvent donc participer à une bonne traduction en préservant l’essence du texte, tout en la rendant compréhensible pour le lecteur cible.
Dans le monde de la communication d'aujourd'hui, la traduction est une obligation évidente. Il est clair qu'aucune traduction ne ressemble parfaitement au texte source et qu'elle présente généralement des défauts. Le traducteur, en tant qu'intermédiaire entre les deux langues, doit s'efforcer d'éliminer ces lacunes. L'une des manières d'y parvenir est d'utiliser des théories de la traduction. «Le rôle des traducteurs est toujours déterminant dans la diffusion de ce patrimoine culturel, dans l'évolution ainsi que dans la diffusion des connaissances et dans la vie intellectuelle de différentes sociétés» (Afkhaminia, 2011, p. 12). Les tendances de Berman aident ainsi à envisager la traduction non pas comme une simple copie, mais comme une "épreuve" de fidélité, une tentative de rendre justice à l'autre langue tout en respectant les spécificités culturelles et linguistiques du texte source. Nous avons voulu montrer que la traduction ouvre des horizons et permet de réfléchir sur l’acte de traduire, mais seulement si elle est considérée comme une proposition, une stimulation à la réflexion, et non comme un dogme. Elle n'est fructueuse que si elle est mise à l’épreuve de la pratique afin de déceler l’inévitable écart entre théorie et pratique. Le recours aux tendances déformantes, bien qu'inévitable, doit être compris dans ce contexte. Berman propose un idéal qu’il n’a pas toujours atteint dans ses traductions. Finalement, les "tendances déformantes" soulignent que chaque traduction résulte de choix conscients ou inconscients du traducteur, qui doit souvent décider entre fidélité et adaptation. En comprenant ces tendances, on réalise que toute traduction entraîne des pertes; cependant, un bon traducteur saura minimiser celles qui impactent le moins le sens profond du texte. Dans cette analyse, nous avons observé les changements appliqués pour faire comprendre l’intention de l’auteur. Les efforts du traducteur pour clarifier le texte, l’ennoblir et le modifier ont été cruciaux, car sans eux, la traduction aurait été littérale et aurait manqué d'élégance. Cela contraste avec les traductions proposées par l'auteure de cet article, qui illustrent bien ce qu'il advient lorsque ces ajustements ne sont pas effectués. Cette version améliore la structure logique en soulignant que les efforts du traducteur ont permis d'éviter une traduction trop littérale et peu élégante. Cet article pourrait ainsi offrir une évaluation détaillée de la manière dont les traductions de M. Vosoughi préservent l'authenticité et la profondeur des textes originaux de Nazar Âhari. Plus spécifiquement, il pourrait démontrer comment ces traductions préservent l'altérité culturelle en analysant comment les éléments culturels spécifiques aux textes originaux sont conservés dans la version traduite. En outre, elles transmettent l'essence du récit en évaluant comment les choix de traduction influencent la transmission de l'essence narrative et mystico-religieuse des textes originaux dans la langue cible.
[1] در سینه ات نهنگی میتپد، لیلی نام تمام دختران زمین است، پیامبری از کنار خانه ما رد شد. [2] Toutes les deuxièmes traductions sont proposées par l’auteur de cet article. | ||
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Afkhaminia, M. (2011). Quelques réflexions sur la traduction de: Les Mots de Sartre en Iran. Revue des études de la langue française, 3(1), 11-20. https://doi.org/ 10.22108/relf.2632.20294 Berman, A. (1984). L’épreuve de l’étranger. Gallimard. Berman, A. (1999). La traduction et la lettre ou l’auberge du lointain. Seuil. Eshghi, F. (2013). Berman et les instruments critiques de traduction. L’étude de langue et littérature française, 4(2), 53-66. https://ellf.scu.ac.ir/article_10455. html Heidegger, M. (1962). Chemins qui ne mènent nulle part (W. Brokmeier, Trad.). Gallimard. Letafati, R., & Sadr Tahouri, Z. (2016). L’étude des entraves culturelles dans la traduction de Madame Bovary de Flaubert en persan. Revue des études de la langue française, 8(1), 29–38. https://doi.org/10.22108/relf.2637.20944 Nazar Âhari, E. (2009a). Une baleine bat dans ton cœur (traduit du persan par A. Vosoughi). Edition Sâberine. Nazar Âhari, E. (2009b). «Leili» est le nom de toutes les filles du monde (traduit du persan par A. Vosoughi). Edition Sâberine. Nazar Âhari, E. (2009c). Un prophète passa par chez nous (traduit du persan par A. Vosoughi). Edition Sâberine. Rougé, D. (2015). Introduction à l’œuvre théorique d’Antoine Berman, traductologue français. Synergies Pologne, (12), 11–17. https://gerflint.fr/ Base/Pologne12/rouge.pdf | ||
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